Le Human Capital Governance Forum du MIoD place les mutations démographiques au cœur de la gouvernance du capital humain

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Le Human Capital Governance Forum du MIoD place les mutations démographiques au cœur de la gouvernance du capital humain

Le Human Capital Governance Forum (HCGF), un forum d’advocacy du Mauritius Institute of Directors (MIoD), a organisé, en collaboration avec ER Group, Founder du MIoD, l’événement « The Human Capital Timebomb », le mercredi 30 septembre 2026 au Moka Rangers Sports Club, Moka. Cette rencontre était consacrée aux mutations démographiques et à l’évolution du travail à Maurice, avec une question centrale pour les conseils d’administration et les dirigeants : comment anticiper leurs effets sur les talents, les capacités des entreprises et leurs perspectives de croissance ?

Lancé le 24 avril 2026 avec le soutien de ses membres fondateurs, notamment : Absa Bank, Alteo Group, Constance Group, Currimjee Group, ER Group, Mauritius Telecom, Terra Group et UBP Group, le HCGF réunit administrateurs, dirigeants et experts autour des enjeux de gouvernance du capital humain. À travers un dialogue intersectoriel, des événements et des publications, il vise à inscrire ces enjeux dans les décisions stratégiques des organisations mauriciennes, en lien avec leur performance, leur résilience et la création de valeur à long terme.

La rencontre s’est particulièrement articulée autour du panel « The Workforce in Transition », qui a réuni le Dr Vimal Thakoor, Chief Economist au ministère des Services financiers et de la Planification économique ; Juhi Desai, Senior Adviser au ministère du Travail et des Relations Industrielles ; Sebastian La Hausse, Chief People Officer & Group Legal Counsel de Beachcomber Resorts & Hotels ; et Ibrahim Koodoruth, Senior Lecturer à l’Université de Maurice. La discussion était modérée par Manish Bundhun, Chief People Executive d’ER Group.

Les échanges ont examiné les liens entre les évolutions démographiques, les aspirations professionnelles et la capacité des organisations à réaliser leurs ambitions. Ils ont notamment porté sur les choix de carrière à Maurice et à l’étranger, les obstacles à la participation au travail, l’investissement dans les compétences et les conditions d’une meilleure productivité. Les parcours professionnels plus longs, la transmission de l’expérience entre générations et le recours aux talents locaux et internationaux ont également été abordés sous l’angle des responsabilités des entreprises et de la coopération entre les acteurs économiques.

Sheila Ujoodha, Chief Executive Officer du MIoD et Chairperson du HCGF, a déclaré : « Anticiper les compétences nécessaires, préparer la relève et comprendre les attentes des collaborateurs font partie des responsabilités des dirigeants et conseils d’administration. Le MIoD a pour mission de les accompagner dans l’exercice d’une gouvernance responsable et tournée vers le long terme. À travers le HCGF, nous réunissons des perspectives complémentaires pour éclairer leurs décisions et faire du capital humain une priorité stratégique, directement liée à la résilience des entreprises et à la création de valeur durable. »

Manish Bundhun, Chief People Executive d’ER Group, a souligné : « Toute ambition de croissance doit s’appuyer sur les compétences, le leadership et la culture capables de la porter. Les dirigeants doivent aller au-delà du recrutement immédiat pour décider où et comment développer les talents, préparer la relève ou repenser le modèle opérationnel de l’organisation. Le conseil d’administration, lui, doit suivre ces choix dans la durée, avec des responsabilités claires et des indicateurs pertinents. »

Le Dr Vimal Thakoor, Chief Economist au ministère des Services financiers et de la Planification économique, a relevé : « Dans le contexte d’une population vieillissante et en déclin, le capital humain est un facteur déterminant de la capacité de Maurice à stimuler sa croissance et à réorienter son économie vers des activités à plus forte valeur ajoutée. La disponibilité des talents, le niveau des compétences et la productivité doivent être examinés de manière intégrée afin d’éclairer les choix stratégiques d’investissement. Dans la mise en œuvre de la Vision 2050, il est essentiel de relier les ambitions économiques du pays aux capacités humaines nécessaires pour les concrétiser. Cela suppose une meilleure articulation entre la formation, la participation au marché du travail et les besoins des entreprises, afin de renforcer la compétitivité de Maurice et d’offrir des perspectives professionnelles durables. »

Juhi Desai, Senior Adviser au ministère du Travail et des Relations Industrielles, a précisé : « L’île Maurice ne peut pas se permettre de considérer sa main-d’œuvre comme une ressource qui sera simplement disponible lorsque nous en aurons besoin. Notre bassin de talents est limité, de plus en plus mobile et évolue dans un contexte économique en pleine transformation. Le défi est donc double : nous devons valoriser les talents dont nous disposons déjà, tout en développant de manière stratégique les compétences dont nous aurons besoin demain. Cela implique d’aller au-delà des qualifications, en identifiant les obstacles qui empêchent les personnes de trouver un l’emploi, en créant de véritables parcours vers l’emploi, en investissant dans le développement des compétences et en rendant les lieux de travail plus accessibles et plus propices à une participation durable. Le développement de la main-d’œuvre n’est plus seulement une question de ressources humaines, c’est un enjeu de stratégie d’entreprise et de planification économique. La question que chaque employeur devrait se poser est la suivante : quelles compétences notre stratégie aura-t-elle besoin, et comment allons-nous les développer ? »

Sebastian La Hausse, Chief People Officer & Group Legal Counsel de Beachcomber Resorts & Hotels, a ajouté : « Dans une économie où le talent devient l’une des ressources les plus critiques, les questions de compétences, d’engagement et d’organisation du travail ne relèvent plus uniquement des ressources humaines, mais de la stratégie d’entreprise. Dans l’hôtellerie, où l’expérience client repose avant tout sur les femmes et les hommes qui la délivrent, les investissements dans le développement des compétences, la fidélisation des talents et l’évolution des modes de travail conditionnent directement la performance durable de l’entreprise. Pour les conseils d’administration, l’enjeu est de s’assurer que les choix faits aujourd’hui renforcent durablement la capacité de l’organisation à créer de la valeur pour ses clients, ses collaborateurs et l’ensemble de ses parties prenantes. »

Ibrahim Koodoruth, Senior Lecturer à l’Université de Maurice, a pour sa part souligné : « Comprendre les choix de carrière exige d’écouter les personnes sur leurs aspirations, leurs contraintes et leur expérience du travail. La rémunération, les perspectives d’évolution, la reconnaissance et la qualité de vie méritent d’être examinées ensemble, sans réduire une génération à un seul comportement. La réflexion sur des carrières plus longues doit aussi prendre en compte la santé, le renouvellement des compétences et la transmission de l’expérience. Les organisations ont intérêt à construire des parcours où les contributions de chacun sont reconnues et où toutes les générations trouvent des possibilités de progression. »

À travers cette initiative, le MIoD entend encourager les conseils d’administration et les dirigeants à anticiper les besoins en capital humain qui conditionnent la réussite de leurs stratégies. Pour prolonger la réflexion avec l’ensemble de la communauté des affaires, le HCGF publiera un Position Paper enrichi des éclairages et des perspectives de cette rencontre. Le Forum poursuivra ainsi ce dialogue afin d’accompagner une gouvernance du capital humain attentive aux réalités mauriciennes, aux aspirations des personnes et aux capacités nécessaires au développement des entreprises.