Le MIoD mobilise les décideurs pour renforcer la confiance dans le secteur financier mauricien

/
/
/
Le MIoD mobilise les décideurs pour renforcer la confiance dans le secteur financier mauricien

Le Mauritius Institute of Directors (MIoD), en collaboration avec son Patron, SALVUS, a organisé le vendredi 25 septembre 2026 à Ebène l’événement « Compliance in Action: Towards a More Resilient Financial Ecosystem ». Cette rencontre a réuni des représentants des secteurs public et privé autour d’un enjeu stratégique pour Maurice : faire de la gouvernance d’entreprise, de la conformité et de l’intégrité financière des fondements durables de confiance et de résilience économique.

Le développement du secteur financier mauricien demande de concilier l’ouverture à de nouvelles activités avec un cadre réglementaire crédible et des institutions efficaces. Cette ambition engage la capacité du pays à soutenir l’investissement et à préserver la confiance de ses partenaires internationaux. La préparation à la prochaine évaluation mutuelle par l’Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering Group (ESAAMLG), qui porte sur le dispositif national d’Anti-Money Laundering and Combating the Financing of Terrorism (AML/CFT), s’inscrit dans cette perspective.

Temps fort de l’événement, le panel « From Compliance to Confidence: Strengthening Governance, Integrity and Financial Resilience » a réuni Rubina Toorawa, Chairperson de Mauritius Finance ; Elaine K. Dezenski, experte américaine et Senior Director & Head of the Center on Economic and Financial Power, Foundation for Defense of Democracies ; Urvashi Soobarah, Director – Supervision, de la Banque de Maurice ; et Evdokia Pitsillidou, Global Chief Risk & Compliance Officer et Partner chez SALVUS. Il était modéré par le Dr Takesh Luckho, Chairperson de la State Trading Corporation.

Les échanges ont exploré les liens entre intégrité financière, résilience face aux mouvements de capitaux et confiance des partenaires internationaux. Ils ont mis en perspective les évolutions géopolitiques, le rôle de Maurice dans les échanges avec l’Afrique et son attractivité pour les investissements de long terme. Les décisions stratégiques des conseils d’administration et la coopération entre décideurs publics, régulateurs et industrie ont également été au cœur de la discussion sur l’avenir de Maurice en tant que centre financier international.

Sheila Ujoodha, Chief Executive Officer du MIoD, a déclaré : « À l’approche de la prochaine évaluation de l’ESAAMLG, les conseils d’administration ont un rôle essentiel à jouer pour inscrire la conformité dans les décisions stratégiques. Cet événement répond au besoin de relier les attentes internationales aux responsabilités des dirigeants et aux ambitions économiques de Maurice. Le MIoD reste engagé aux côtés des administrateurs et dirigeants pour renforcer leurs compétences, éclairer leurs arbitrages et promouvoir une culture d’intégrité. C’est par la qualité de la gouvernance que les entreprises peuvent construire une confiance durable. »

L’hon. Dr. Jyoti Jeetun, ministre des Services financiers et de la Planification économique, a souligné : « Notre Stratégie nationale de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme 2026–2029 s’inscrit dans l’effort visant à renforcer notre cadre juridique et réglementaire, la supervision fondée sur les risques, l’application des lois, la transparence, les capacités institutionnelles et la coopération internationale. Je tiens toutefois à souligner que nous ne devons pas nous préparer à une évaluation simplement parce que l’ESAAMLG va nous évaluer. Nous devons nous y préparer parce que c’est la bonne démarche pour le centre financier international mauricien. L’évaluation de l’ESAAMLG constitue une étape importante. Mais cette étape n’est pas la destination. Notre destination est un écosystème financier suffisamment résilient pour faire face aux défis à venir. »

Hafeez Toofail, Directeur général et Partner chez SALVUS, a déclaré : « La résilience du secteur financier repose non seulement sur des règles solides, mais aussi sur la qualité de leur mise en œuvre au sein des entreprises. Un accompagnement efficace suppose de comprendre le modèle économique, les risques propres à l’activité et les ambitions de croissance de chaque organisation. Il doit se traduire par des mesures concrètes, proportionnées et suivies dans le temps afin d’en vérifier l’efficacité. Dans le prolongement de cet engagement, SALVUS animera également une session pratique consacrée à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, à l’intention de professionnels du secteur. L’objectif est de favoriser le partage d’expérience, de renforcer les réflexes opérationnels et d’aider les participants à transformer les exigences réglementaires en dispositifs réellement efficaces. Notre collaboration avec le MIoD reflète la conviction de SALVUS que le rapprochement entre expertise technique, gouvernance et vision des dirigeants est essentiel à une croissance durable et maîtrisée. »

Rubina Toorawa, Chairperson de Mauritius Finance, a pour sa part relevé : « L’attractivité de Maurice ne se mesure pas uniquement au volume des activités que nous accueillons, mais surtout à leur qualité, à leur substance et à leur contribution durable à l’économie. Dans un environnement international où les investisseurs accordent une importance croissante à la transparence, à la gouvernance et à la résilience, la confiance est devenue un véritable avantage concurrentiel. Notre ambition est de positionner Maurice comme un centre financier international reconnu non seulement pour sa conformité aux meilleurs standards internationaux, mais aussi pour son expertise, son intégrité et sa capacité à accompagner des projets d’investissement de long terme. La compétitivité de notre place financière reposera de plus en plus sur la qualité de ses talents, l’innovation de ses services et sa capacité à créer des relations durables entre les investisseurs et les marchés qu’elle dessert. »

Elaine K. Dezenski, experte américaine et Senior Director & Head of the Center on Economic and Financial Power, Foundation for Defense of Democracies, a apporté une perspective internationale : « Les tensions géopolitiques influencent les choix de partenaires, les échanges commerciaux et les décisions d’investissement. Dans ce contexte, la transparence des flux financiers et la fiabilité des institutions contribuent à la sécurité économique. Pour Maurice, renforcer l’intégrité financière peut consolider son rôle de lien entre les capitaux internationaux et les projets d’investissement en Afrique. La capacité à prévenir les flux illicites tout en facilitant les investissements légitimes constitue un atout pour développer des relations économiques durables et résister aux chocs. »

Evdokia Pitsillidou, Global Chief Risk & Compliance Officer et Partner chez SALVUS, a précisé : « Toute décision d’expansion – qu’il s’agisse d’un nouveau marché, d’un produit ou d’un partenariat – doit être appréciée au regard des capacités réelles de l’organisation. Les conseils d’administration doivent s’assurer que l’expertise, les ressources, la gouvernance et les dispositifs de maîtrise des risques sont adaptés aux ambitions poursuivies. Associer les fonctions risque et conformité dès les premières étapes de la réflexion stratégique permet d’anticiper les exigences, de prendre des décisions plus éclairées et d’éviter qu’un décalage entre croissance et capacités ne fragilise l’entreprise. »

Le Dr Takesh Luckho, Chairperson de la State Trading Corporation, et modérateur du panel, a ajouté : « Le dialogue entre autorités, institutions financières et entreprises prend tout son sens lorsqu’il permet de comprendre les responsabilités de chacun. Les enjeux de conformité, de compétitivité et de résilience appellent des réponses complémentaires, avec des priorités identifiées. L’intérêt de cette rencontre est de relier les perspectives nationales, internationales et celles des organisations. Cette compréhension partagée doit nourrir des décisions cohérentes et une coopération suivie, afin que les ambitions du secteur financier mauricien trouvent une traduction concrète dans les pratiques professionnelles. »

À travers cette initiative, le MIoD réaffirme son rôle de plateforme de référence en gouvernance d’entreprise, à la rencontre des enjeux économiques du pays et des responsabilités de ses dirigeants. En donnant aux administrateurs accès à des perspectives complémentaires, l’Institut entend faire progresser la qualité des décisions au sein des organisations. Accompagner les ambitions des entreprises tout en ancrant l’intégrité dans leur gouvernance demeure au cœur de son action pour une communauté des affaires responsable et une économie mauricienne plus résiliente.